Le journal d'un prisonnier - Nicolas Sarkozy

Je voulais tellement lire ce livre lorsque sa sortie a été annoncée ! Mais ce n'est qu'après l'avoir eu entre les mains que j'ai réalisé qu'il était nécessaire de prendre le temps. Non pas simplement pour le lire, mais pour le lire correctement : sans émotions préconçues et surtout avec beaucoup de respect dans la mesure où il ne s'agissait pas d'un roman mais de la vie d'un être humain.

Dans ma newsletter de février, je parlais des raisons qui poussent à l'achat et dans mon cas, c'était souvent la couverture qui était le premier déclencheur de curiosité. Elle est le premier message que l'auteur transmet à son futur lecteur.

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La couverture du JOURNAL D'UN PRISONNIER est sobre. Elle ne fait rien pour attirer le regard et pourtant, l'ouvrage est l'un des best-sellers de la fin d'année 2025.

Ce que je vois dans cette couverture, c'est l'expression de la force tranquille d'un ex président de la République français.

Petite précision, je ne suis pas engagée politiquement, je me contente de commenter l'actualité dans ma sphère privée.

Pour en revenir à la couverture, vous conviendrez avec moi qu'il est très paradoxal d'avoir pour titre "Le journal d'un prisonnier" et d'avoir en dessous l'image d'un homme libre et propre sur lui. Presque digne : l'expression de la force tranquille.

Nicolas Sarkozy exprime-t-il ici le fait que la prison ne se reflète pas toujours de la manière dont on la pense ? Peut-on être dit "prisonnier", car entre quatre murs mais libre dans sa tête et en pensées ?

C'est là quelques questions et pistes de réflexions que j'ai entrevues face à cette couverture si simple et pourtant si frappante.

* Aspect humain

Dans cet ouvrage qui n'est pas un roman, N.Sarkozy semble se livrer. Ce qui donne davantage de cachet et d'authenticité à ce livre qui se veut réel.

Il est assez étrange de voir l'envers du décor. Je me souviens très clairement de ce que j'ai ressenti lorsque j'ai vu les infos sur le verdict de ce procès. Mais je dois également avouer que je n'ai pas consacré une minute aux sentiments qui devaient ceux des personnes directement concernés. Et là, j'y ai accès. 

On ne réalise pas assez, à mon sens, que les personnalités publiques sont également des personnes à part entière (qui ont choisi une vocation qui les expose fatalement) possédant des sentiments qui ne peuvent pas toujours être exprimés car toujours jugés (c'est le jeu).

L'une des choses que je retiens de cette lecture, c'est une relation, un mariage entretenu malgré la distance et les épreuves. Je pense à la volonté de chacun de ménager et de ne pas inquiéter l'autre en taisant des mots que les yeux crient. Lorsque l'auteur évoque son épouse, Carla, c'est toujours avec finesse, amour et une complicité évidente. Tellement mignon.

Il y a aussi, à ne pas négliger, l'éloge du personnel pénitencier qu'il qualifie de profondément humain. Qu'il s'agisse des gardiens de prison, du personnel médical, de l'administration, et même du prêtre de la Santé, tous ont contribué à faire de ce séjour en prison, un temps supportable par des rencontres riches et nourrissantes. 

Je garde également en mémoire les nombreuses punchlines et trais d'esprits qui m'ont fait rire et sourire à plusieurs moments. Et le côté "gamin" de l'homme avec cette phrase "Je veillais à ignorer sa présence" en parlant du procureur présent à l'audience.

* Aspect politique 

Nicolas Sarkozy explique, selon lui, l'origine de la détestation des magistrats à son égard. Cette détestation, est, encore selon lui, la raison pour laquelle il a passé 3 semaines à la prison de la Santé.

Pour une personne qui se décrit comme "non rancunier", il n'a de cesse de ressasser les causes de son incarcération, tout en répétant qu'il n'a aucune amertume et qu'il aime la France et les Français. Pour faire plus terre-à-terre : "Regardez ! Je suis innocent, les magistrats s'acharnent contre moi alors que je suis quelqu'un de bien". 

Après tout, c'est son livre, il écrit et dit ce qu'il veut et c'est ensuite à nous de faire le tri et de démêler le vrai du faux.

Il revient également, de façon fréquente, sur l'incompréhension ressentie lors de sa condamnation, par lui et par les autres : famille, amis, français et internationaux. C'est un chouya redondant, surtout si on lit plusieurs pages par jour. C'est la raison pour laquelle j'ai fait des pauses, pour éviter l'agacement.

Concernant les conditions de sa détention, évidemment qu'elles n'étaient pas celles du commun des mortels, et je trouve cela parfaitement normal, ce monsieur a été président de la République, il ne peut pas être traité comme tout le monde. Qu'il clame le contraire, et que d'autre le réclame, est totalement paradoxal.

C'est un geste que nous avons tous apprécié ! J'ai personnellement éclaté de rire lors de cette séquence.

M. Sarkozy met en avant certaines personnalités politiques, et, j'ai eu le sentiment qu'il distribuait des cachets "bonne personnalité", "présidentiable", "authentique", "reconnaissant", il en réhabilite même quelques uns et on en vient à se demander si une alliance est à prévoir, ou plutôt un soutien est à penser du côté de l'ex président envers la candidate officielle du RN.

* Aspect littéraire

Il y a quelque chose de particulièrement plaisant à lire les écrits d'un homme politique. Je veux dire par là que les tournures de phrases, le vocabulaire et le style employé suscitent en moi une certaine satisfaction littéraire. Je comprends d'ailleurs plus aisément que de tels Hommes séduisent par leurs discours, car oui, ils sont enchanteurs par leur habileté à manier la langue française.

Pour moi qui suis bêta lectrice à mon compte depuis peu, et assistante d'édition dans le passé, je dois avouer que j'ai ressenti une certaine satisfaction à lire des transitions aussi fluides que naturelles. 

Dans mon post de cette semaine sur mon univers de bêta-lectrice, j'indiquais quelques unes des questions que je me posais lorsque je lisais un livre. Je vais y répondre maintenant :

❶ Oui, j'ai envie de poursuivre ma lecture. Il y a ce côté voyeurisme qui réside en chacun de nous et qui cherche toujours à savoir ce qui se passe dans la vie d'autrui. C'est encore plus vrai lorsque la personne dont il est question est une personnalité publique ...

❷ Il n'y a pas de personnage fictif dans ce livre, mais le personnage politique qu'est Nicolas Sarkozy est présenté dans toute sa splendeur. De ses forces à ses faiblesses en passant par ses origines et son ascension. Il est évident que l'on se retrouve en lui, tout au moins dans une partie, bien qu'infime de son parcours.

❸Le rythme de cette histoire biographique entraîne le lecteur dans plusieurs directions qui servent "l'intrigue" de l'incarcération. L'auteur nous emmène ainsi avec lui dans son passé politique, dans ses perspectives d'avenir, mais surtout dans ce présent qu'il ne relate pas au jour le jour (car ce serait extrêmement ennuyeux) mais pour lequel il nous donne les moments "utiles" et "intéressants".

❹ Des émotions, oh oui, j'en ai ressenti plusieurs : de l'indignation à la fragilité de l'auteur, en passant par mon identification à son intelligence et à son sens de la répartie cinglant et politiquement correct. Que l'on apprécie ou non l'homme, on ne peut que s'incliner devant la qualité de sa plume.

❺ Suis-je satisfaite de ma lecture ? C'est une question difficile, car je me demande si j'en sais plus sur Nicolas Sarkozy, l'homme, ou si je me suis laissée avoir par le personnage décrit par l'homme politique. 

En ce qui concerne les questions que je me posais au départ, celles suscitées par la couverture, oui, j'ai eu des réponses. Mais au fur et à mesure de ma lecture, d'autres se sont ajoutées : quelle suite pour Nicolas Sarkozy ? Quelle suite pour Marine Le Pen ? Quel avenir pour la France ?

Cette lecture m'a beaucoup fait réfléchir, sur les implications de nos mots et de nos actes qui ne semblent pas disparaître avec le temps. La partie de mon cerveau qui fait des connexions avec le passé, le présent et qui envisage l'avenir a été sollicitée à maintes reprises.

L'univers de la politique est particulièrement rude, et surtout, il n'oublie rien.


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