Le Palais de l'Est - Kdrama

Vous le savez, j'aime beaucoup tout ce qui est mythologie, tout ce qui est folklore propre aux pays, aux régions et aux peuples. Je suis très souvent curieuse de découvrir la culture et les coutumes, que ce soit au travers de documentaires, de films, de séries, d'animés ou de podcast.

Qu'il s'agisse de réalité ou de fiction, je suis partante pour le côté fantastique, de façon générale. C'est la raison principale pour laquelle je me suis lancée et que j'ai visionné LE PALAIS DE L'EST.

Pour entrer directement dans le vif du sujet, laissez moi vous parler de l'histoire autour de laquelle tourne ce kdrama.

Tout commence avec la mort du prince héritier, et avec cela, la réapparition d’une entité qui en veut à la lignée royale. Pour la chasser, le roi va faire appel à un jeune homme qui semble avoir la capacité de voir les esprits, mais aussi de les combattre.

Durant les 8 épisodes que dure le Drama, nous le suivons dans son enquête au sein du Palais de l’Est. Et autant vous dire qu’elle ne sera pas de tout repos car il devra à la fois combattre des entités surnaturelles, mais aussi survivre aux intrigues du palais.

Le Palais de l'Est est un endroit où plusieurs émotions sont créées et entretenues, aussi bien les bonnes que les mauvaises. Vu le nombre de personnes qui y vit, il n’est pas étonnant qu’il y ait conflit, qu’il y ait des personnes laissées pour compte, qui nourrissent rancœur et ressentiment. Rien d'étonnant non plus à ce que ces émotions non traitées de leur vivant les suivent dans la mort.

Nous sommes clairement en présence d’un style fantastique, et qui dit fantastique, dit effets spéciaux, et effets spéciaux asiatiques.

Sachant que les réalisateurs de drama sont champions pour les scénarios rocambolesques, ajoutez à cela des effets spéciaux en 3D pas forcément lisses, je vous garantis que le résultat est surprenant, parfois même hilarant.

En ce qui concerne les effets sonores, je dois avouer qu'ils étaient au rendez-vous : les voix des personnages, les bruitages, la musique ... je n'ai pas trouvé grand chose à redire si ce n'est rien du tout. Par contre, en ce qui concerne les effets visuels, ils laissaient parfois à désirer et faisaient perdre à la fois en crédibilité et en pertinence certaines scènes qui auraient mérité d'être mieux traitées.

Néanmoins, l’intrigue est d’une qualité exceptionnelle, et lorsqu’on arrive au Plotwist, on réalise la pertinence des indices qui ont été semés depuis le début. Et si on les avait manqué, on peut compter sur les scénaristes pour nous mettre des scènes de rappel.

***

Dans ma chronique, je voudrais mettre en avant L'INFLUENCE DU POUVOIR : lorsqu’on y aspire, lorsqu’on le possède, lorsqu’on croit le perdre et lorsqu’on en est victime.

Je vais essayer de ne pas spolier les personnes qui ne l’ont pas encore vu et qui, à la lecture de ma chronique, seraient tentées de le voir, mais c'est une tâche qui n'est pas des plus aisée.

J'ai choisi de mettre en avant ces axes d'analyse parce qu’à mon sens, et au-delà de l’aspect fantastique porté par la série, les scénaristes dénoncent les travers du pouvoir.

Lorsqu’on aspire au pouvoir, comme cela a été le cas pour le roi dans le passé et pour le prince héritier qui meurt en ouverture, on (eux) est prêt à tout. La fin justifie les moyens et les dommages collatéraux importent peu face à l’intérêt supérieur du règne. Seulement, qu’advient-il lorsque ce pouvoir pour lequel on s’est laissé corrompre, coûte finalement plus cher que le prix que nous étions prêts à payer ? Plus cher que les sacrifices auxquels on avait accepté de consentir ?

Le roi l’a bien subi, lorsqu’il a vu ses fils mourir les uns après les autres mais surtout, lorsqu’il en a compris la cause. Et malgré sa position, la plus haute du pays, il n’a pu sauver aucun de ses héritiers.

La seule chose qu’il a été capable de faire, ça a été de menacer un jeune homme aux capacités singulières, de faire assassiner plusieurs personnes, enfin, de continuer à le faire, mais également de continuer à manipuler les personnes pour obtenir ce qu’il souhaitait. 

Posséder le pouvoir, pour ce roi, c’était avoir le droit de vie et de mort sur tous les sujets du royaume : les coupables comme les innocents. Mais ce droit octroyé, il n’a pas supporté d’en être victime. Il n’a pas supporté de voir le pouvoir lui échapper et, il n’a pas hésité à utiliser les mêmes forces surnaturelles à l’origine du trépas de son fils pour le garder sous contrôle.

Je pense d’ailleurs à cette scène lunaire dans laquelle il ose éclater en sanglots alors qu’un esprit tente de révéler la vérité à Saeng Gang au sujet du prince héritier. Lorsque le savoir, qui est une forme de pouvoir, nous échappe, qu’advient-il de cette carapace dorée que l’on s’est forgée ?

Apparemment, elle se brise, et l'on redevient la personne fragile que l'on est en réalité.

Saeng-gang, princesse déchue puis réintroduite, Gu-Cheon, maitre de Feng Shui, sujets du palais, villageois et j’en passe … toutes ces personnes ont été victimes, à un moment donné ou à un autre, pour ne pas dire tout le temps, du pouvoir de la famille royale. Que ce soit le roi lui-même, sa mère ou la reine douairière, ah oui, comment oublier le neveux de la reine douairière, tous, ont usé de leur pouvoir sur des personnes qui n’étaient pas en capacité de se défendre.

Des victimes sacrifiées sur l’autel de la royauté et du pouvoir. Des victimes qui ne sont, au final, jamais les responsables des travers qu'ils ont causés mais toujours, des personnes sur lesquelles il est aisé de marcher.

Les personnages

Gu-Cheon - Jeune homme aux capacités singulières, capable de voir les forces surnaturelles et de croiser le fer avec elles. Il est l’illustration de ce qu’un corps ne reflète pas le poids spirituel de quelqu’un.

Il semble antipathique, mais ce n’est évidemment qu’une barrière pour protéger quiconque voudrait s’attacher à lui. De peur que cette personne ne finisse par perdre la vie comme sa mère.

J’admire sa capacité à être résilient et à faire ce qu’il faut pour survivre. On ne peut d’ailleurs pas dire que sa morale l’étrangle et pourtant, elle est bien présente lorsqu’il s’agit de se mettre en danger pour celle à qui il s’est attaché malgré lui, et qui le lui rend bien.

Je l’ai trouvé profondément attachant, et j’ai ressenti beaucoup de compassion pour lui. Je tenais à savoir s’il allait réussir à sortir du palais vivant, et si oui, comment se poursuivrait sa vie.

Saeng-gang - Princesse déchue au tempérament bien affirmé et d'une force de caractère à presque toutes épreuves. Détentrice elle aussi de certaines capacités surnaturelles qu'elle a su utiliser à bon escient, et aux bons moments.

Elle sait ce qu’elle veut et elle se donne les moyens de faire ce qu’elle pense être à faire, qu’importe les convenances et surtout les risques. Elle est très vraie dans tout ce qu'elle fait et elle en assume toutes les conséquences.

Je dois avouer que j’ai eu un coup de cœur pour elle dès le départ car je pressentais qu’elle n’allait pas être le type de personnage agaçant sans raison valable et inutile à souhait. Ce n'était pas une Athena (oui c'était gratuit 😂)

J'ai apprécié la dynamique qu'il y avait entre elle et Gu-Cheon, ils formaient un tandem qui fonctionnait plutôt bien pour la tâche qu'ils avaient à accomplir. Et ils étaient mignons dans leur attachement qu'aucun des deux n'a voulu pleinement assumer, très logique au vu de leur situation. Sur ce point, je félicite le scénario de ne pas nous avoir donné à voir une niaiserie de romance inutile et en décalage avec le texte.

En ce qui concerne la relation qu'elle avait avec son père, eh bien, compliqué est un mot assez faible pour la décrire. Mais je crois que cette force de caractère qu'elle a développé est aussi due à toutes les blessures et à toutes les déceptions qu'elle a enchainé par le passé.

Le roi - certainement le personnage le plus détestable du drama. Manipulateur et assassin, colérique et impulsif, égocentrique et cachotier ... autant d'adjectifs qui suffisent à comprendre qu'il n'aurait pas dû être roi. Pourtant, il faisait preuve d'une autorité, d'une prestance et d'une ingénierie au mal qui mettait le palais au pas, aussi bien ses suivants que ses détracteurs. Il faut lui reconnaitre cela, il incarnait un digne monarque puissant et intouchable.

Je me demande, encore aujourd'hui, si sa tentative pour sauver son dernier fils relevait d'un amour paternel ou d'une simple volonté égoïste de ne pas laisser le trône à une autre branche de la famille royale.

Je me demande également, comment il a pu cacher à tous qu'il avait certaines capacités surnaturelles ... dans la mesure où elles viennent de sa famille maternelle et que deux  de ses propres enfants en étaient dotés. D'ailleurs, certaines scènes permettent de soutenir cette thèse même si elles ne sont pas explicites.

D'autres personnages ont également retenu mon attention. Je pense à la reine douairière, hautaine et suffisante. Il est dommage qu'une telle force de la nature n'ait pas su être "une mère" pour la nation et pour les sujets qui dépendaient d'elle. Dommage qu'elle se soit, pendant presque toute sa vie, laissée portée par ses émotions sans gagner en sagesse.

Je pense également à la mère du roi, une femme aimable et chaleureuse dont la façade était si bien entretenue qu'il aurait été impossible de la percer à jour. Elle est l'une des illustrations de ce que le pouvoir auquel on aspire est un puits de corruption sans fond.


ATTENTION - RISQUES ELEVES DE SPOIL !!!

ATTENTION - RISQUES ELEVES DE SPOIL !!!

ATTENTION - RISQUES ELEVES DE SPOIL !!!

Les incohérences

❌ Le fait que Gu-Cheon survive à la fin me laisse perplexe. Au vu de tout ce qui s’est passé, sa survie manque clairement de cohérence.

Lorsqu’on considère qu’il a dû passer un pacte en mettant sa vie sur la balance, sachant que l’entité avec laquelle il  a passé ce pacte ne semble pas spécialement compatissante… la finalité de son réveil au bout de quelques jours reste hors sujet.

Même si l’on prend en compte la chaine qui le relie au palais, ça demeure incomplet sauf s’il s‘agit-là d’un indice pour nous préparer à une seconde saison dans laquelle on en saurait plus sur lui, et plus important encore, sur la manière dont se sont écoulés ls jours de sa mort dans le monde des gwi.

❌ Le fait que la princesse parte librement, en plein jour, avec Gu-Cheon est un non-sens que je n’arrive pas à comprendre.


Qu’il s’agisse seulement de son statut de princesse (à moins qu’elle ait à nouveau été bannie du palais), et rajouté à cela qu’elle reste la seule enfant légitime et vivante du roi, comment peut on nous expliquer que ce dernier la laisse partir avec un homme sans le sous, au vu et au su de tous ? Quid du protocole royal ? Et nous ne sommes même pas dans The Perfect Crown.

❌ La survie du roi, et de la famille royale en général.

Dans la mesure où ils ont tous les mains sales, et que les esprits de toutes les victimes ne cherchent qu’à se venger, comment ont-ils tous survécu ?

Mettons de côté, un instant, la reine douairière qui a perdu la raison à juste titre. La mère du roi, n’aurait pas dû survivre à tous les esprits qui se sont acharnés contre elle après qu’elle ait tenté de tuer Saeng-Gang. Ce cousin du roi, dont le fils aurait pu devenir prince héritier, et qui a utilisé un chaman pour aider à anéantir la lignée royale en place, pourquoi n’a-t-il pas été jugé pour trahison ? Plusieurs ont perdu la vie pour bien moins que cela.

Le roi lui-même n’aurait pas dû survivre aux oppressions spirituelles des habitants qu’il a mis à mort. Encore moins aux esprits de tous les membres de la famille royale qui n’ont pas pu accéder au trône.

Le réveil de Gu-cheon après que Saeng-gang l’ait empoisonné est l’une des incohérences qui ne s’explique que peu. Il était affaibli, sa réserve de Yang était plus que basse, ajouté à cela l’empoisonnement, il n’avait clairement aucune chance de se réveiller avant qu’il ne soit trop tard.

Les scénaristes ont voulu nous servir un Happy End qu’ils ont réussi à gâcher en voulant sauver tous les personnages, quitte à sacrifier le sens profond de l’intrigue et de la notion même de « sacrifice ».

Le fantôme de la rivière, comment a-t-il été vaincu ? Aucune explication ne nous a été donnée, la scène a été coupée avant qu’on n’en voit l’aboutissement ...

Les raisons de le voir

Le plotwist en vaut largement la peine. Le spectateur se doute clairement qu’il y a anguille sous roche, mais, on ne se doute pas de l’origine réelle des maux spirituels au sein du palais. Encore moins des raisons cachées derrière ce déchainement de haine même si le roi est un personnage détestable dès le départ.

Chaque personnage a un caractère fort, personne ne s’efface pour laisser briller quelqu’un d’autre. Lorsque je parle de caractère fort, je parle de l’impression que chacun des personnages laisse au spectateur.

Pour ma part, leurs écritures étaient qualitatives : tous déterminés à obtenir ce qu’ils voulaient et à s’en donner les moyens pour.  Que ces moyens soient louables ou non, et qu'ils aboutissent ou non.

La princesse est belle et son casting matche parfaitement avec l'époque du drama.

Il ne s’agit pas là d’une beauté transcendante mais d’une beauté noble, apaisante et confiante. Toutes les actrices ne peuvent pas incarner un personnage de l’époque de Joseon, encore moins porter un hanbok avec classe sans que cela ne paraisse ridicule. Hui-Ju était adapté au décor du 21ème siècle, mais pas à celui de la royauté contrairement à la reine – ref à The Perfect Crown que j'ai également terminé cette semaine.

Je ne sais pas pour vous, mais avoir de beaux acteurs est une raison suffisante pour regarder un drama.

Il y a peu d’épisodes, du coup il n’y a pas trop de temps à passer et à perdre avec mille et une intrigues. L'histoire principale est claire et on se concentre là-dessus, tout concourt à aboutir à la vérité.

L’intrigue est prenante : le palais, les enquêtes surnaturelles aux origines humaines. Il n’en faut pas plus pour que je me lance dans toutes les séries de ce type, si tant est que je ne devine pas les tenants et les aboutissants dès le premier épisode.


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Je ne vous cache pas que j'ai aimé regarder ce KDrama, parce qu'il y avait un style fantastique oui, parce qu'il y avait des enquêtes oui, parce que l'intrigue était prenante oui. Mais aussi parce qu'il y avait à manger et à boire pour tous ceux qui se sont donné la peine d'analyser les champs sémantiques et les thématiques présentées par les scénaristes.

Une œuvre est complète lorsque le fond et la forme arrivent à satisfaire le spectateur.

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