La chronique des Bridgerton - Saison 4

 Très chers amis lecteurs, 

Cette nouvelle saison, bien que prévue ennuyeuse, s'est révélée bien plus intéressante que ce que je ne pensais. Je crois que je n'étais pas la seule à n'avoir aucune attente quant à cette saison consacrée au charmant Bénédict, qui, je tiens à le préciser, est le livre le plus ennuyeux de la saga Bridgerton (selon moi).

D'ailleurs, pour la petite anecdote, j'ai relu l'histoire écrite par Julia Quinn il y a peu, dans l'optique de me mettre dans de bonnes dispositions avant d'aller regarder l'adaptation de Netflix. Je dois avouer, que le livre m'a ôté toute envie de voir la série et je me suis retrouvée devant la saison 1 qui était jusqu'à présent la meilleure pour moi et pour plusieurs fans.

Puis, par acquit de conscience, car je l'avais promis à une amie, j'ai décidé de prendre mon courage à deux mains et prendre place sur mon canapé, d'allumer ma télé et de lancer la Saison 4 de la Chronique des Bridgerton.

Imaginez ma surprise lorsqu'il s'est affiché "16 +" et "sexe" lorsque j'ai lancé le premier épisode. D'autant plus que j'ai trouvé cette saison était nettement moins explicite, à moins que ce soit parce que j'ai fait passer toutes ces scènes en avance rapide 😂

Enfin, revenons à des choses plus intéressantes. Cette 4e saison est celle de Benedict, deuxième frère de la très respectable famille Bridgerton. Il va donc se marier, mais avec qui ? Telle est la question qui sera au coeur de l'intrigue.

J'ai particulièrement aimé les indices que la réalisation a donnés à celles et ceux qui ne regardent la série et qui ne sont pas au courant de la teneur des livres.

Je pense notamment à cette introduction durant laquelle l'on voit l'envers du décor de la maison Bridgerton, une sorte d'indice pour nous faire savoir que tout ne se passera pas du côté du décor comme nous y avons été habitués.

Je le rappelle, pour ceux qui n'auraient pas encore vu la série : 

Alors que Lady Violet Bridgerton organise un bal masqué à l'occasion de l'ouverture de la saison, Bénédict rencontre une jeune femme qui ne ressemble à aucune autre et qui suscite en lui l'envie de la courtiser dans l'optique, pourquoi pas, de se marier. Mais lorsque vient le moment de faire tomber les masques, la jeune fille s'enfuit, laissant notre protagoniste en pleine confusion. Il va la rechercher, sans succès, puis tomer sous le charme d'une autre jeune femme de basse extraction qui va mettre en évidence ses conflits intérieurs. Benedict dans sa quête de l'amour...

Les thématiques 

Cette saison donne au spectateur à réfléchir sur plusieurs thématiques, je pense au deuil lorsqu'on est jeune mariée que nous montre à voir Francesca et en fait le deuil de façon générale dont Violet est l'égérie depuis la première saison. Comment faire face à la mort alors que l'on commence à peine à vivre et à déployer ses ailes ? Comment survivre à la perte de l'être aimé ? Qu'est-ce qui aide à continuer alors que l'on a l'impression que tout s'écroule autour de nous ?

Je pense également au poids des responsabilités, en effet, naitre avec une cuillère en diamant, en or ou en argent est certes une grande faveur mais implique également de grandes responsabilités, parfois bien trop lourdes pour les frêles épaules de ces personnes que l'on jette dans le monde parfois trop tôt. Ces jeunes filles à peine sorties de l'enfance qui doivent décrocher une promesse de mariage et gérer une maison.

Je ne peux pas oublier la rigidité des règles établies par l'aristocratie qui ne tient en rien compte des conditions des personnes auxquelles elle s'applique. Notamment cet examen invasif subit par Francesca alors qu'elle vient de perdre son époux, il en a d'ailleurs été de même pour la reine Charlotte lorsqu'elle s'est retrouvée enceinte de son premier enfant. Rien ne compte plus que le protocole, personne n'a plus de valeur que le protocole.

L'amour et la famille sont les thématiques les plus importantes portées par la saga Bridgerton. C'est une famille soudée, avec des membres qui s'aiment et se soutiennent quelles que soient les situations, même lorsque cela n'implique rien d'autre que le fait d'être dans la même pièce que la personne qui a besoin d'aide sans chercher à la réconforter, juste à accepter sa douleur et à la laisser s'exprimer.

La quête de l'amour n'est en rien facile. Parfois c'est évident, parfois non, parfois c'est simple, parfois c'est compliqué et pour les aristocrates c'est encore plus complexe car ils doivent prendre en compte les intérêts familiaux présents et à venir. Penser en tout temps à ne pas jeter l'opprobre sur la maison familiale ...

Les personnages marquants de cette saison 

Benedict - Deuxième fils, il est celui que tout le monde surnomme le "débauché" car il ne prend pas sa vie au sérieux : il ne semble avoir aucun but, il ne veut pas se marier, il assume la charge de son frère pour faire bonne figure, il se saoule dès qu'il en a l'occasion et c'est un libertin notoire. Pourtant, derrière cette façon de vivre, se trouve un mal-être que peu de personnes en dehors de Sophie et parfois Eloïse ont su mettre en évidence.

Bénédict ne supporte pas de n'être qu'un Bridgerton parmi tant d'autres, c'est une âme sensible qui n'a d'autres moyens de s'exprimer que de se rebeller face à l'ordre établi par cette aristocratie à laquelle il appartient par la naissance. C'est un artiste qui n'assume pas de publier ses oeuvres, un peu comme Collin qui n'aurait jamais publié ses écrits sans l'aide de Pénélope.

Bénédict ne cherche qu'un moyen de donner un sens à sa vie, il cherche la personne qui pourra donner un sens à sa vie, cette personne avec laquelle il sera libre d'être totalement lui, sans éprouver le besoin de porter un masque pour faire bonne figure. Et quoi de mieux que de porter un masque lors d'un bal masqué pour faire tomber le masque et trouver son alter égo ?

Sophie Baek - Fille illégitime du comte de Penwood et réduite à la servitude par une belle mère jalouse d'elle, Sophie a une vie des plus misérable. C'est une vraie Cendrillon à la différence qu'elle va être mise à la porte et qu'elle va devoir affronter le monde extérieur avant trouver la paix avec son prince charmant. En réalité, Sophie est une jeune femme brillante qui n'a reçu que l'amour des domestiques car, dans la vraie version, son père ne l'a jamais calculée, ce qui rend cohérent le fait qu'elle ait cru qu'il ne lui ai rien légué dans son testament. 

Son histoire d'amour avec Benedict commence vraiment comme un conte de fée mais évolue avec cette réalité que l'on a toujours voulu voir dans Cendrillon, entre blessure, abandon, réalité des règles de la société pour finir en l'happy end que les deux méritaient.

J'ai aimé que son personnage soit ancré dans la réalité, ça lui a donné plus de cachet, balayant ainsi cette théorie du conte de fées dans lequel la princesse a la vie plutôt facile. Son quotidien est baigné de dualité (trialité ?) entre ce qu'elle veut, ce qu'elle doit vouloir et faire, et ce que la société lui dicte.

Violet Bridgerton - Vicomtesse douairière, mère aimante en quête de l'union parfaite pour chacun de ses enfants, Violet est un modèle de la femme respectable de la bonne société. Cette saison nous donne plus à voir sur ce qu'elle veut vraiment en tant que femme et non pas seulement en tant que mère, et je trouve drôle qu'elle utilise le même argument qu'Agatha Danbury pour finalement refuser de se remarier. La question que Violet pose à toutes les mères est la suivante : ne doit-on vivre que pour sa progéniture et renoncer à ses désirs de femme ? Les deux sont-ils opposés ?

En dehors de personnages principaux qui sont au coeur de l'intrigue, d'autres personnages m'ont donné à écrire, et c'est également pour cela que j'ai particulièrement aimé cette saison au point de la déclarer meilleure de toutes les 4 sorties.

La reine Charlotte - Personnage haut en couleur et en coiffure, la reine Charlotte est l'un des personnages les plus emblématiques de cette série. Ce que l'on voit généralement d'elle est son extravagance et sa capacité à faire de ses désirs des vérités, très peu souvent, il a été donné au spectateur de voir son côté sensible. Ce côté que l'on a découvert dans le spin off qui lui a été consacré par Netflix. Cette partie d'elle qui explique les raisons pour lesquelles elle est devenue un personnage à part entière et non plus une personne.

Cette fois-ci, on a aperçu sa faiblesse, non pas le roi, mais cette peur qu'elle ressent à se retrouver seule dans le palais. Car, avouons-le, la reine n'a pas d'amis, elle n'est plus tellement entourée d'ennemis, mais elle ne peut se reposer sur personne. Et c'est certainement le lot de bien des personnes de pouvoir, mais sa condition explique son engouement pour la saison mondaine, pour avoir autre chose à ne penser que la mort prochaine du roi et sa solitude.

Il est vrai que j'apprécierai une saison 2 de son spin off qui mettrait en lumière les évènements qui ont fait d'elle le personnage qu'elle est aujourd'hui.

Alice Mondrich - Je n'ai jamais compris l'utilité de l'ajout de ces personnages dans la série, et honnêtement, on aurait pu s'en passer. Mais puisqu'ils y sont, autant leur trouver une utilité. Et dans cette saison, le couple Mondrich a enfin servi à quelque chose (si on veut être gentils) puisque c'est grâce à Alice, qui a permis une entrevue entre La comtesse Penwood et les Bridgerton, que la reine a validé l'union entre Bénédict et Sophie. 

Dois-je souligner à quel point je la trouve magnifique ?

J'espère qu'elle aura plus d'espace pour évoluer maintenant qu'elle prend la relève de Lady Danbury auprès de la reine. C'est une femme intelligente, qui a les pieds sur terre, et qui sait comment obtenir avec intégrité ce qu'elle veut.

J'apprécie par ailleurs sa loyauté envers son entourage. J'ai aimé qu'elle n'ébruite pas le fait que Benedict soit amoureux d'une servante alors que cela même l'aurait immédiatement fait entrer dans les bonnes grâces de la reine. 

Araminta Penwood - Comtesse de Penwood et belle-mère de Sophie. J'ai particulièrement aimé la profondeur que la série lui a donnée. Dans le livre, c'est juste la méchante belle mère qui déteste la pupille de son mari et qui la maltraite car avide de gains. Mais dans l'adaptation, il nous est donné matière à réfléchir sur son comportement certes douteux mais explicable (en rien acceptable).

Araminta, veuve à deux reprises, avait réussi à faire deux mariages d'amour, et quelle ne fut pas sa surprise d'arriver dans la demeure de son second époux et de découvrir que ce dernier abritait sous son toit sa fille illégitime qu'il aimait et entretenait, c'est carrément un vice caché. Non seulement, elle découvre le pot aux roses en arrivant chez elle, mais en plus le monsieur ne prend pas la peine de lui expliquer les choses.

Peut-être avait-elle un mauvais fond dès le départ, toutefois, il n'en demeure pas moins que sa haine pour Sophie n'a cessé d'augmenter, car elle s'était persuadée que son mari aimait Sophie plus qu'elle et ses filles. Lorsque la base est biaisée, il est difficile de rétablir la vérité. Et les choses ne sont allées qu'en empirant ... 

Araminta n'est en réalité qu'une femme blessée qui blesse à son tour.

Le seul véritable problème que j'ai toujours eu avec son personnage c'est l'inégalité avec laquelle elle traite ses filles. Même la belle mère de Cendrillon n'a jamais fait ça, quoique Portia Featherington l'a fait 😅 dOooonc le problème est-il la noblesse ?? 

Points forts / Faibles

✅Bénédict est plus beau dans sa saison que Collin et Anthonoy dans les leurs, c'est un point qu'il me parait important de souligner tant le peuple a critiqué l'absence de glow up des précédents personnages principaux masculins.

✅ J'ai particulièrement aimé la profondeur que la série a donné à Araminta, cela rend le personnage plus complexe et plus compréhensible aux yeux du grand public.

✅ La bande sonore, toujours d'une qualité exceptionnelle qui transporte le spectateur dans cet univers du passé avec cette touche de modernité qui nous permet de nous retrouver.

✅ Les adieu entre la reine et Lady Danbury est la scène la plus déchirante de cette saison qui m'a fait verser plusieurs larmes. J'ai vraiment cru que mon coeur se déchirait 😭

✅La complexité émotionnelle et relationnelle traitée dans la saison est tout bonnement exceptionnelle. Elle donne plus de profondeur à chacun des épisodes et embelli considérablement l'histoire d'amour de Bénédict et de Sophie.

✅La série a assez bien retranscrit cette douleur de Francesca à ne pas pouvoir concevoir, ce qui brise l'image de l'épouse parfaite à laquelle elle s'était mise en tête de ressembler. Son trouble est communicatif, et le spectateur ressent les émotions en même temps qu'elle.

❌ La dualité à l'intérieur de Benedict n'a pas été assez exploitée, à mon sens, elle a été survolée, il y avait beaucoup et tant à montrer que j'en ai été un peu déçue.

❌ Le changement des origines des Penwood m'a dérangée, on en arrive à avoir des comtes asiatiques qui ne respectent pas les caractéristiques décrites par l'oeuvre originale et qui n'étaient absolument pas nécessaire à l'intrigue. Clairement, donner aux Penwood cette origine n'apporte absolument rien à l'histoire.

L'incohérence entre le traitement que Sophie a reçu de son père et le fait qu'elle ait cru qu'il ne lui avait rien légué. Dans le livre, il ne la calcule pas, ce qui rend logique le fait qu'elle croit qu'il ne lui ai rien légué, en effet, pourquoi aurait-il pensé à elle après sa mort alors que de son vivant il ne le faisait pas ? Alors que là, il l'a aimée et chérie toute son enfance, il n'y avait aucune raison logique pour qu'il l'oublie à sa mort.

❌ La sous exploitation d'Eloïse, je veux bien qu'un petit rôle lui ait été attribué et que son personnage ait été présent dans tous les épisodes, mais à la vérité, elle n'a servi à rien dans cette saison, alors que dans les livre, elle s'enfuit lors du bal masqué pour se rendre chez Sir Philippe Crane... et est donc absente durant toute l'histoire de Bénédict. Il aurait été nettement plus judicieux de donner des indices sur son escapade prochaine en mettant en avant le temps qu'elle aurait supposément passé sur son secrétaire à échanger une correspondance avec Philippe.

❌La problématique de conception chez les Kilmartin a également été mal exploitée, je dirai même détourné par un banal problème d'intimité conjugal, et le sera certainement dans la saison prochaine puisqu'il semble s'agir d'une romance entre Michaela et Francesca qui est très incohérente avec son désir profond de devenir mère. D'ailleurs, dans les romans, Francesca est enceinte à la mort de John et elle perd l'enfant plus tard ... elle subit donc deux pertes.

❌L'abondance de personnages inutiles et de scènes qui n'apportent aucune teneur à l'histoire et dont les spectateurs auraient aisément pu se passer. Je pense particulièrement au retour de Cressida, pourquoi ? Pour montrer qu'Eloïse sait faire preuve d'humanité ? Pour donner à Pénélope l'occasion de se venger ? 

***

L'alchimie entre Sophie et Benedict m'a particulièrement prise aux tripes. Je ne m'y attendais vraiment pas tant mes attentes concernant cette saison étaient nulles. Je fais humblement mon méa culpa et je demande pardon pour toutes les fois où j'ai dénigré la saison 4 sans l'avoir vue.

Maintenant que je l'ai vue, je dois avouer que je pense sincèrement qu'il s'agit de la meilleure saison des 4 déjà réalisées et diffusées sur la plateforme. Je ne suis pas sûre que cela s'explique de façon logique même si je soupçonne que ce soit le fait que Netflix ait réussi à rendre l'adaptation plus intéressante que le livre. Bien qu'il y ait certaines incohérences et quelques ratés, l'essence même du conte de fées fait toujours rêver. 

Bénédict et Sophie m’ont emportée dans leur histoire d'amour, j'ai clairement mis les organes tout comme dans la première saison et je ne le regrette vraiment pas. A la différence que la difficulté pour ces deux était plus ancrée dans la réalité de l'époque que les saisons précédentes en ce sens que le respect des conventions, des règles établies par l'aristocratie était plus qu'une écharde dans le pied de nos deux protagonistes. Le fait que Benedict choisisse Sophie le met au banc de cette société qu'il rejette mais qu'il ne peut se résoudre à quitter, mais aussi, ce choix l'oblige à quitter sa famille, toutes les personnes qu'il aime et auxquelles il est attaché, pour quoi ? l'amour d'une femme. Cela en vaut il vraiment la peine ? 

Leur histoire d'amour ce n'est pas juste un Cendrillon, c'est un choix difficile autant pour l'un que pour l'autre. Bénédict doit renoncer à tout pour n'être qu'avec une femme, c'est romantique certes, mais parfaitement idiot et inconséquent, car les retombées sur sa famille pourraient la détruire et l'avenir de ses soeurs non mariées avec. Quant à Sophie, elle sait exactement qu'être une maitresse n'est pas un avenir et elle doit renoncer à l'homme qu'elle aime pour lui permettre de rester auprès de ceux qui sont là pour lui depuis qu'il existe, si ça ce n'est pas le vrai amour et le vrai sens du sacrifice, je ne sais pas ce que c'est.

Ce que je tiens à souligner ici, c'est le fait que cette saison est complexe par les sentiments de tous les personnages. Plusieurs thématiques sont abordées et elles contribuent à faire de ce 4ème volet un méli-mélo de complexité qui rend la saison belle et profonde. C'est en cela, que je trouve que c'est la meilleure des 4 saisons diffusées : elle est plus complexe et plus profonde, pour tous les personnages principaux et secondaires.

J'ai clairement eu un coup de cœur, et je l'assume parfaitement.

En fait, j'ai tellement de choses à dire que cet article ne suffit pas, c'est la raison pour laquelle j'ai également enregistré un podcast sur le sujet.

La vidéo est disponible sur ma chaine YouTube mais également l'audio sur Spotify, Amazon Music et Apple Podcast en t'abonnant à ma chaine.

En attendant, tu peux écouter mes anciens podcasts, notamment ceux sur la Saison 3 de la Chronique des Bridgerton ainsi que bien d'autres.


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