La faucheuse - trilogie par Neal Shusterman

 Je suis particulièrement satisfaite d’avoir enfin terminé cette trilogie qui ne m’a pas laissée indifférente, à l’image de chacune de mes lectures.

J’en sors avec une conviction profonde de ce que le pouvoir est une force grisonnante, une entité à part entière qui choisit ses victimes et les mène à leur perte. Parfois même, leur entourage est sacrifié sur l’autel de cette « réussite à tout prix ».

La trilogie dont je vais vous parler aujourd'hui se déroule dans un monde post-mortel. L'humanité a réussi à vaincre la maladie, la vieillesse, la mort. Elle est donc exposée au surpeuplement et à tout ce qui accompagne avec ce mal. 

Dans l'optique de réguler la population mondiale, quelques personnes se sont levées et ont décidé de créer une communauté appelée FAUCHEURS, dont la mission serait de glaner, c'est à dire, mettre un terme définitif à la vie des personnes qu'elles auront choisies sur des critères dont elles seuls seraient maitresses.

Il ne vous aura pas échappé que cette communauté a choisi de se nommer de façon assez éloquente et évidente, de sorte à ce que nul ne puisse se méprendre sur la mission qui était la leur.

Mais, comme pour toutes les nobles causes, il suffit qu'une seule personne sorte du rang pour qu'une foule suive et que l'idéal qu'on a pris du temps à construire ne s'effondre comme un château de cartes.

Chacun des volumes a une conclusion propre qui ouvre la voie vers le suivant, sauf évidemment le dernier qui laisse le soin aux lecteurs d'imaginer le futur qu'ils souhaitent. Chacun d'entre eux a une thématique centrale qui fait écho et qui sert la trilogie en entier : les bases, l'univers, la conclusion et l'espoir.

Je sors de cette lecture avec un grand respect pour les auteurs, un respect encore plus grand à vrai dire.

Quand je repense à la complexité de l'univers créé, aux connexions établies entre les personnages principaux et secondaires introduits avec subtilité et cohérence, à la manière dont ils sont concordants dans leurs agissements et dans leurs réflexions. Au fait qu'il soit si aisé de s'attacher ou de détester l'un ou plusieurs des personnages ...

L'histoire, l'architecture, les noms, la géographie, le temps de travail que tout cela a demandé me laisse sans voix ... il ne me reste que des mots pour exprimer mon admiration et mon respect.

Ai-je parlé du style narratif choisi par l'auteur ? Comment ne pas le faire ! La personne qui raconte l’histoire écrit de telle sorte à laisser savoir au lecteur qu’elle est omnisciente en plus d’apporter ses analyses et ses pensées tel l’être qui sait tout, qui a déjà tout vu, qui sait ce qui va se passer et qui parle du présent avec la sagesse de l’avenir.

J'ai trouvé cela tellement beau et tellement gratifiant à lire que je n’ai pas vu passer les pages et le temps investi dans ma lecture.

Pour la petite histoire, le premier volume compte 600 pages, le deuxième 672 , et le dernier 840 pages. Les personnes qui me suivent sur ma chaine whatsapp ont eu tout le loisir d'observer mon évolution littéraire de cette semaine. 

Mais pour être totalement honnête, ma relation avec cette trilogie n'a pas été linéaire.

J’ai entamé le premier volume le 15 juillet de l’année dernière, je les avais fraichement reçus d’une personne que j’aime beaucoup et qui m’en avait vanté les mérites. Bien entendu, j’ai été prise dans les mailles de Neal et une semaine plus tard, j’enchainais avec le deuxième volume dont la fin m’a profondément frustrée. 

C’est à ce moment-là que j’ai fait une très longue pause d’une année, le temps d’apaiser mon cœur ainsi que le reste de mes organes. Une pause pleine de lectures, de dramas et de nouveaux projets qui m’a bien servie car cette semaine je me suis replongée dans la suite et la fin de cette trilogie.

Au risque d'écrire une chronique trop longue, je propose de basculer l'analyse des couvertures et le développement des thématiques dans le podcast que je vais enregistrer la semaine prochaine. 

Pour ne pas manquer sa sortie, je vous encourage à vous abonner à ma chaine Youtube et à activer la cloche.

Je peux cependant vous dire que la victoire de l'humanité sur la mort n'éteint pas la quête vers un meilleur idéal. J'ai été surprise de lire qu'alors que tout était servi sur un plateau d'argent, les humains étaient quand même capables du pire juste pour ressentir du frisson. J'ai constaté, dans cet univers fictif, que le pouvoir était convoité par des personnes déjà hautement élevées qui n'avaient plus rien à prouver. 

La Faucheuse met en avant la monotonie d'une humanité qui n'a en réalité plus aucune raison de vivre : tout est banal, à quoi bon profiter de la vie, faire quelque chose de marquant pour la génération future puisque nous restons tous au même endroit, au même moment ? 

Au fil des pages de cette trilogie, nous suivons principalement Citra et Rowan, deux jeunes apprentis pris sous l'aile de Maitre Faraday. De leur sélection en qualité d'apprenti, à leur confirmation en passant par leur formation et leur prise de fonction.

Nous découvrons, à travers eux, l'univers bien secret des faucheurs, la réalité derrière l'envers du décor, l'honorabilité de la profession mais aussi et surtout tous ses travers. Toutes ces découvertes provoquent en eux des changements irréversibles et ils ne sont pas les seuls à les expérimenter.

Greyson Tolliver en est l'une des heureuses victime, de zero à héro (cf hercule), son évolution en tant que personnage est admirable à lire. Son introduction dans l'histoire bouscule non seulement sa vie, mais rebat les cartes du jeu de façon imprévisible pour tous, sauf pour le Thunderhead.

Ai-je parlé du Thunderhead ? L'intelligence artificielle qui gouverne le monde ? Si ce n'est pas le cas (et je sais que ça ne l'est pas), j'attendais le moment opportun pour en parler car il est un personnage à part entière, et selon moi, le plus important de tous. Car sans lui, ce monde parfait n'existe pas.

Ai-je parlé de maitre Goddard ? Le Faucheur aux pierres précieuses qui a été l'objet d'un grand nombre de mes frustrations ? L'antagoniste ultime qui ne manque pas de ressources et de soutiens.

Je prendrai le temps de développer mon ressenti et mon analyse de chacun de ces personnages, en audio et en vidéo, ce sera nettement mieux pour que vous ressentiez pleinement la portée de ce que j'ai à dire.

Cette lecture m'a happée toute entière, de la première à la dernière page. La victoire de l'homme sur la mortalité pour être réduit à dépendre d'une machine dans l'optique de vivre la perfection m'a longuement interrogée. La capacité des êtres humains à toujours en vouloir plus dans un monde qui n'évolue plus grâce à eux m'a laissée perplexe. Le pouvoir de l'endoctrinement m'a profondément outrée.

Et surtout, la fin me laisse entrevoir un nombre incalculable de possibilités.


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Commentaires

  1. Incroyable découverte pour moi !

    J'aime beaucoup l'idée d'un monde serait sans contraintes ni soucis de la vis, et qui, avec le respect, en fait un problème encore plus grave qu'auparavant.

    Devoir mettre ne place un système d'éradication pour survivre et vivre dans de meilleures conditions attiré ma curiosité.

    Ton résumé très complet em donne envie de me mettre à lire cette trilogie, moi qui ne suis pas très fan de lecture !

    Peut-être que ce sera repris sous la forme d'un film trilogie ou d'une série par l suite....

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  2. J'ai également pensé à une adaptation mais je suis à peu près sûr que ce ne sera pas une réussite, surtout si c'est en film. Pour moi, en animation ce serait l'idéal, pour reproduire fidèlement l'univers.

    Merci d'avoir pris le temps de lire l'article, j'espère que tu franchiras le cap !

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