La mélodie du pardon - Corneille

 Ce livre m'a été offert par une personne que j'affectionne beaucoup, et c'est la raison pour laquelle j'ai tenu à le lire même si le titre ne m'a pas emballée d'emblée.

La MELODIE DU PARDON de Corneille : un récit intime, sensible et engagé.

Je dois l'avouer, je m'attendais à quelque chose d'autre, à une histoire, à un récit personnel mais, il s'agit en fait d'un essai philosophique qui mêle plusieurs thématiques qui servent un questionnement permanent pour trouver une vérité.

Mais avant de passer au fond de ce livre, je vais passer par la forme et tenter de décrypter ce que la couverture m'a donné comme informations ou comme questionnement.

La MELODIE DU PARDON, le titre m'évoque celui d'une chanson, un peu comme si l'auteur nous disait que le pardon pouvait être l'apanage de tous, dépasser les frontières locales et nationales à la manière qu'ont la musique et la gastronomie.

C'est aussi un titre qui donne de l'espoir, mais qui semble également triste, j'ignore si c'est le résultat de l'utilisation du mot Mélodie parce que d'une certaine manière il rime avec Mélancolie ... Enfin bon, je pose cette observation là, libre à vous de penser et de ressentir ce que ce titre vous inspire.

Et en dessous de ce dernier mis en évidence par du rose sur du blanc, nous avons une sorte de fresque. Je suppose que c'est de l'art mais ne m'y connaissant que très peu, je vous prierai de ne pas m'en vouloir si je ne suis pas dans le politiquement correct.

Je trouve le tableau assez effrayant en réalité : les personnages aux extrémités sont effrayants et on dirait qu'ils effraient le personnage central de l'image. Je n'arrive d'ailleurs pas à savoir s'il s'agit d'un homme ou d'une femme parce que l'un des personnages a des cercles sur une partie qui ressemble à une poitrine, et par ricochet, je me demande s'il s'agit d'une famille ou s'il s'agit d'oppression extérieure ou encore s'il s'agit de dualité à l'intérieur d'une même personne.

Il est cependant évident que l'image est marquante, elle ne laisse aucune personne indifférente et qu'importe si l'on est connaisseur ou on de l'art.

En fin de livre, l'auteur nous donne la réponse à la question que je me suis posée en voyant cette fresque : que représente-t-elle ? Et il le dit : il s'agit d'une peinture représentant le PARDON.

Je ne vous cache pas que j'étais totalement larguée ... et j'avais d'autant plus d'espoir en ma lecture en perspective pour mettre en lumière ce que je ne voyais pas par l'illustration graphique.

J'ai un autre aveu à faire d'ailleurs, en ce qui concerne cette lecture, j'ai mis plusieurs semaines à lire La mélodie du pardon. J'ai pris peur dans les toutes premières pages lorsque l'auteur a commencé à parler de la race machine. Je me suis dit "ouh là, dans quoi est ce que je suis tombée". C'était le premier stop. Ensuite j'ai me suis redonné des forces, et j'ai mis un second stop lorsque Corneille a inclus des dialogues avec "papa qui est aux cieux" et non, il ne s'agit pas de Dieu, mais bien de son père décédé au Rwanda il y a plusieurs années. Cette pause a été la plus longue des 3, puis, je me suis forcée à reprendre la lecture et, surprise, bien que mes émotions étaient contradictoires, je me suis retrouvée à prendre plaisir à lire ce débat entre deux philosophes. 

***

Dans mes années lycées, j'ai découvert la philosophie, et j'ai tellement aimé cette matière que je me suis inscrite au club de philo de mon établissement. C'est la raison pour laquelle cette lecture m'a finalement plu, parce qu'il s'agissait d'un questionnement permanent, ce qu'est la philosophie : penser par soi-même et le questionnement permanent. Tout remettre en question, tout le temps.

J'ai également remis en perspective ma façon de penser, non pas que les arguments de l'un ou de l'autre m'aient atteints, si tant est que l'on puisse admettre que le père décédé de l'auteur soit une voix autorisée dans un débat rationnel qui concerne les humains du 21ème siècle.

Je me suis rendu compte, qu'accorder une seconde chance à une oeuvre me permet, parfois, de voir ce que je n'avais pas vu lors du premier passage. C'est le même principe que l'on applique en édition : celui de la relecture. J'ai appris que même lorsque le début paraît incompréhensible, et je vous assure qu'il l'a été, il faut pouvoir prendre du recul et remettre en question l'état dans lequel on se trouvait et qui était peut être ou non un facteur d'incompréhension du texte.


Points forts / faibles

❌L'auteur donne beaucoup trop d'informations sur beaucoup trop de sujets en même temps. Le lecteur est un peu perdu entre tous ces thèmes de réflexion, mais, il s'améliore dans la suite des pages et suit une pensée un peu plus cohérente.

❌J'ai eu beaucoup de mal à suivre le raisonnement qui a mené l'auteur à inclure un dialogue avec un père qui n'est plus là. J'ai beaucoup de mal à saisir les raisons pour lesquelles sa maison d'édition l'a laissé mettre cela en scène. Cela suppose beaucoup de choses très peu positives, entre autre le fait qu'il soit peut être victime d'hallucination, ou qu'il souffre d'une maladie, ou encore mieux, qu'il pratique le voyage astral à la Dr Strange. Cette inclusion ouvre également la porte à une dimension spirituelle à laquelle tous les lecteurs ne sont pas forcément sensibles.

❌Autre point, concernant "papa qui est aux cieux", j'ai eu quelques maux de tête en  essayant de comprendre les propos tenus par ce "papa" du paradis, libéré des contraintes du monde terrestre qui prône son savoir comme vérités absolues. Il démontre une volonté d'imposer son savoir plutôt que de conseiller. Un vrai daron africain 😂

❌L'utilisation des pronoms personnels inclusifs tels que "on" et "nous" qui supposent que les lecteur sont de facto en accord avec les propos tenus par l'auteur m'ont profondément dérangés dans la mesure où j'étais plus souvent en désaccord avec lui que l'inverse. Je me reconnais en réalité très peu dans les propos tenus et je trouve cela très audacieux de parler de quête de la vérité tout en imposant des conclusions et des vérités établies.

✅ J'ai trouvé attendrissant le fait que l'auteur cherche, pour presque toutes les questions, l'approbation de son père. Ce questionnement conscient et inconscient démontre, à mon sens, une soif de sagesse qui ne peut  nous être transmise que par nos aînés. Ce que leurs expériences, ce que l'expérience de leurs vies leur a appris et qu'ils ne peuvent que transmettre.

✅Il y a des phrases que chacun peut transformer en citation, des petites pépites qui peuvent servir pour paraître intelligent ou spirituel au cours d'une conversation, j'en ai d'ailleurs posté une sur mes pages Instagram et Facebook, et une autre sur ma chaine Whatsapp.

✅Le panel des thématiques abordées est riche et donne au lecteur une idée assez précise du système de pensées de l'auteur. Et assez d'arguments, orientés bien entendu, pour pouvoir défendre lesdites thématiques en discussion. 

✅J'apprécie que l'auteur partage sa vision des choses, même si parfois il impose des vérités et des pensées. Après tout, c'est son livre, il a le droit d'écrire ce qu'il veut et de partager sa vision à ses lecteurs. J'aime son courage et son abnégation.

***

LA MELODIE DU PARDON de Corneille est un texte qui a élargi mes horizons, et, bien que je n'ai pas été d'accord avec une grande partie des thèses soutenues par l'auteur, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et j'ai mis beaucoup de mes émotions à défendre mes positions avec un adversaire idéologique qui n'était en réalité pas le mien.

Qu'est-ce que finalement cette mélodie du pardon ? Comment y arriver ? Par l'amour radical. C'est le maitre mot de notre cher Corneille, et pour parvenir à cet amour radical, il faut commencer par se pardonner à soi même, pour ensuite faire confiance à l'autre, et voir au delà ce qu'il montre pour voir ce qu'il est vraiment car au final, nous sommes UN.

Une question me taraude pourtant, d'où viennent réellement les réflexions et paroles prêtées au père de l'auteur ? Corneille a-t-il des discussions mentales avec papa qui est aux cieux


Pour consulter articles précédents👇

***

Commentaires